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Égypt : la révolution du Nil laisse entrevoir un avenir meilleur pour les coopératives

Égypte a connu une révolution sans précédent qui a mené à la chute du président Hosni Moubarack. Essam Charaf a été nommé premier ministre par le Conseil suprême des forces armées en attendant la tenue d’élections présidentielles promises avant la fin de l’année. Pour l’heure, un premier pas vers la démocratie a été franchi avec le référendum sur les amendements constitutionnels approuvé par les Égyptiens à 77,2 %.

27 mai 2011

La révolution égyptienne a modifié totalement le destin de ce pays jusque-là aux mains du pouvoir qui ne laissait guère de place à la liberté de penser ou d’entreprendre. Durant 30 ans, le président déchu s’est appuyé sur un appareil policier et un parti totalement à son service, dans un pays où plus de 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour et par personne. « L’Égypte s’est réveillée dotée d’une nouvelle conscience politique, elle ne se laissera pas avoir ! » confiait récemment l’écrivain Alaa el-Aswa au journal français ’Libération’.

Ainsi, la situation chaotique en Égypte n’est pas sans conséquence sur l’économie du pays. On prévoit déjà une chute de 25 % des revenus issus du tourisme. A cet égard, les coopératives représentées par l’Union des Coopératives de Production (PCU) ne sont pas épargnées. « L’économie égyptienne a souffert de la révolution : tout s’est arrêté. L’insécurité dans les rues n’arrange rien. Tous ces facteurs ont affecté l’activité des coopératives. Mais ce qui arrive au pays est une bonne chose », souligne Mounir Shaarawy, secrétaire général de PCU.

« Nous sommes très fiers de notre révolution menée avec dignité et nous sommes optimistes pour les réformes à venir, particulièrement pour celles qui concerneront certains aspects des coopératives de travail associé. L’espoir est bien présent aujourd’hui puisque la mainmise de quelques grandes entreprises sur l’administration égyptienne a disparu.

Anciennement de grands capitaines d’affaires contrôlaient les lois et les décisions ministérielles et sapaient les efforts des coopératives par leur corruption des affaires ».

Jusque-là, les coopératives étaient fortement contrôlées par le pouvoir en place. Autant dire que les coopératives de travail associé qui basent leur fonctionnement sur des principes et valeurs démocratiques n’y trouvaient pas leur compte. Aujourd’hui, les choses semblent aller mieux.

« Auparavant le régime ne faisait aucune confiance aux coopératives puisqu’il allait toujours à l’encontre des décisions en faveur du bien-être des travailleurs et des petites entreprises. Il a maltraité les coopératives en supprimant beaucoup de leurs privilèges légaux, comme l’exonération fiscale, de manière à augmenter leurs coûts de production et rendre le travail plus difficile » dit Shaarawy. Mounir Shaarawy est confiant en l’avenir : « nous sommes sur la bonne voie » dit-il, « nous entrevoyons des signes positifs. Avec une réforme et une nouvelle administration mise en place par le peuple, nous croyons que les nouvelles lois seront en faveur des coopératives, des travailleurs.et des syndicats pour répondre à la demande d’une justice sociale ».

Aujourd’hui, l’Égypte se réveille tout doucement de cette révolution. Elle a encore du chemin à faire., On peut espérer que les choses reprendront petit à petit leur cours normal. Avec au moins la certitude que le peuple égyptien sortira grandi de cette révolution du Nil.

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